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Plan Maroc Vert : 40 milliards de DH d'investissements engagés à fin 2012
Des progrès significatifs ont été réalisés, selon le ministère de l'agriculture.


Il emploie 4 millions de personnes, en fait vivre 14 millions et génère 15% du PIB, 19% si l’on compte
la contribution des activités industrielles qui lui sont liés. Pourtant, même si beaucoup a été fait
depuis l’indépendance, le secteur agricole, qui joue un rôle crucial dans les équilibres macroéconomiques,
est resté depuis longtemps à la traîne, ou pour être moins sévère, sous-exploité.
A la place d’une véritable stratégie,
les différents gouvernements faisaient plutôt du pilotage à vue pour parer au plus urgent.
Investissements insuffisants ou mal orientés, manque d’organisation, atomisation des exploitations
et faible niveau d’encadrement des producteurs, mécanisation limitée aux grandes exploitations exportatrices,
difficile avec ce lot de problèmes d’être performant.

Avec le Plan Maroc Vert adopté en 2008, le chemin est maintenant bien balisé. C’est en quelque sorte
une véritable révolution verte qui a été lancée, mais le pari des pouvoirs publics n’est pas mince :
l’objectif est d’arriver à un investissement privé de 110 à 150 milliards de DH dans des activités
à haute valeur ajoutée, sur la période 2008-2020, pour multiplier par 2,5 la contribution du
secteur au PIB et créer 1,5 million d’emplois additionnels.

Sept fondements et deux piliers pour assurer une croissance harmonieuse

Ce plan est bâti sur sept fondements : faire de l’agriculture le principal levier de croissance sur
les 10 à 15 prochaines années ; adopter l’agrégation comme modèle d’organisation ; assurer le développement
du secteur dans son ensemble ; promouvoir l’investissement privé ; adopter une approche contractuelle ;
pérenniser le développement du secteur et enfin préparer la refonte du cadre sectoriel. Bref, tout doit
être revu de fond en comble avec la participation de tous les acteurs, publics et privés et en toute cohérence.

Huit filières (céréales, agrumes, olive, maraîchage et fruits, culture sucrière, lait, viandes rouges
et viandes blanches) sont identifiés, et une stratégie propre à chacune d’elles adoptée et adaptée
aux spécificités régionales, le tout en toute cohérence.

Pour répondre à ce souci de cohérence exprimé dans le troisième fondement (assurer le développement
du secteur dans son ensemble), deux approches ont été adoptées. La première, le pilier I, consiste à
encourager l’investissement privé dans des activités à forte valeur ajoutée (l’agriculture moderne qui
occupe 20% de la surface agricole utile), et conformément aux objectifs du plan. Le deuxième pilier porte
quant à lui sur le développement de l’agriculture solidaire afin d’augmenter la production des filières
végétales et animales des zones défavorisées (80% de la SAU) et, en fin de compte, améliorer le revenu des exploitants.

Plusieurs projets d’agrégation en cours de réalisation

Après seulement deux années de mise en exécution effective, il serait hasardeux de parler d’un
changement radical du secteur mais les soubassements de la transformation sont bien en train d’être implantés.
Il fallait avant tout un maître d’œuvre pour conduire l’exécution du plan. Mission attribuée à l’Agence pour
le développement agricole (ADA) devenue pleinement opérationnelle. Auparavant, le ministère de tutelle s’est
réorganisé de sorte à favoriser une rapide prise de décision au niveau régional. Seize directions régionales
de l’agriculture et autant de chambres d’agriculture sont mises en place avec pour mission de gérer
les plans agricoles régionaux. Des organismes essentiels comme l’Office national de sécurité sanitaire
des produits alimentaires (ONSSA), l’Office national de conseil agricole et la direction de développement
rural des zones de montagne sont créés et plusieurs lois relatives à l’organisation du secteur et
des filières publiées.

Actuellement, 17 contrats programme, qui constituent la colonne vertébrale du plan sont en cours d’exécution,

sont signés avec autant de filières (sucre, agrumes, céréales, maraîchage, palmier dattier, lait, viandes rouges,
aviculture, semences, oléiculture, arboriculture fruitière, cultures biologiques, apiculture, élevage camelin,
arganier, rosier, safran). Dans le même sens, 16 contrats agricoles régionaux sont signés et mis en œuvre en
partenariat avec les collectivités locales, les Chambres d’agriculture et les ministères concernés.
Un Project management office pour la gestion des contrats programmes est aussi créé. S’ajoutent à tout
ce volet organisationnel, un schéma directeur pour la mise en place d’un système d’information global
du secteur agricole, un système de collecte et de diffusion des prix des produits agricoles sur le marché
intérieur (Assaar) et un géo portail pour le partage et la diffusion de l’information géographique agricole.
Pour la valorisation des produits, six agropoles (de Meknès, de l’Oriental, du Tadla, du Souss,
du Haouz et du Gharb) sont en projet. Celui de Berkane (Oriental) est livré.

Sans doute, cette 8e édition du Siam est une occasion pour le ministère de tutelle et les différentes
organisations professionnelles de revenir sur le chemin parcouru et d’esquisser des corrections et réajustements,
s’il y a lieu de les faire. En attendant, à fin 2012, 134 projets relevant du pilier I et nécessitant un
investissement de 28,55 milliards de DH avaient été lancés. Au titre du pilier II, plus de 10,3 milliards
de DH sont investis dans 319 projets couvrant 611 000 ha.

Par le truchement du Fonds de développement rural (FDR), l’Etat a financé plusieurs projets, notamment l’aménagement
de pistes rurales, l’aménagement de la petite et moyenne hydraulique et des infrastructures de valorisation de
la production agricole. Selon le ministère qui communique ces chiffres, «le FDR joue le rôle de levier à
l’investissement en milieu rural car il permet de mobiliser des financements supplémentaires à travers des
conventions de partenariat avec les instances élues, les associations et les départements ministériels».
L’année 2020 n’est pas loin et l’on ne peut dire que tous les objectifs seront atteints. Mais au rythme
où le chantier est mené, il est fort probable que le secteur sera profondément transformé.




Les financements arrivent

L’argent est le nerf de la guerre. C’est ainsi que pour réunir toutes les conditions de réussite du Plan Maroc Vert,
l’Etat a signé des contrats de partenariats avec des banques de la place pour assurer un accompagnement financier,
y compris la création d’une structure spécialisée pour le financement des petits agriculteurs.
Quelques-unes ont déjà préparé des solutions adaptées aux besoins des agriculteurs. Par exemple, Attijariwafa bank
a annoncé une disponibilité de 25 milliards de DH, la Banque populaire 20 milliards et
le Crédit Agricole du Maroc 20 milliards.

Les bailleurs de fonds internationaux traditionnels du Maroc que sont l’Union européenne, la Banque Mondiale,
l’organisme allemand KFW, le Fonds international pour le développement agricole (Fida),
l’Agence française de développement (AFD), la Banque africaine de développement (BAD), l’USAID et bien d’autres,
apportent également leur contribution. En tout, le Maroc a déjà reçu 3 milliards de DH en dons et 4,8 milliards en prêts.

Naturellement, l’Etat apporte sa contribution soit à travers le budget, soit à travers le Fonds Hassan II dont
les engagements de long terme pour Maroc Vert se montent à 800 MDH sur 4 ans.

Pour les dépenses à moyen terme (2009-2015), les ministères de l’agriculture et des finances ont signé un accord
pour un budget de 66 milliards de DH.

De nouvelles aides touchant l’amont et l’aval de l’ensemble des filières de production végétales et animales,
et concernant essentiellement le matériel agricole, les plantations, l’intensification de la production animale et

les unités de valorisation, ont été décidées conformément aux engagements de l’Etat dans le cadre des
contrats programmes filières.

Du point de vue de la sécurisation des revenus, un nouveau produit d’assurance multirisque a été mis en place.
Il constitue, selon le ministère, «une grande innovation par rapport à l’ancien programme de garantie contre
les effets de la sécheresse». La couverture réelle «multirisques» englobe en effet les principaux risques
climatiques (sécheresse, grêle, gel, vents forts, tempêtes de sable, eau stagnante).


 

 

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